À grande échelle, notre Univers ne ressemble pas à un vide immense et chaotique. Au contraire, il est structuré avec une précision mathématique troublante. Les galaxies, bien que colossales, ne sont que des points lumineux accrochés à une immense architecture invisible. C'est ce que les astrophysiciens appellent la "toile cosmique". Une tapisserie gigantesque tissée sur des milliards d'années-lumière, dont les fils sont composés d'une substance que nous ne pouvons ni voir, ni toucher : la matière noire.
La matière baryonique — celle qui compose les étoiles, les planètes, le gaz interstellaire et nos propres corps — ne représente qu'une infime fraction de l'Univers, environ 5 %. Le reste est plongé dans l'obscurité. La matière noire, qui compte pour près de 27 %, agit comme un squelette gravitationnel. Elle attire le gaz et la poussière, forçant les amas de galaxies à se former et à s'agglutiner le long de ses titanesques filaments.
Entre ces filaments de lumière et de matière noire s'étendent des "vides". Ce sont de gigantesques bulles d'espace pratiquement désertes, mesurant des centaines de millions d'années-lumière de diamètre. Cette architecture majestueuse n'est pas figée ; elle est en constante évolution, étirée par une force mystérieuse encore plus dominante : l'énergie sombre, responsable de l'accélération de l'expansion de l'Univers.